éducation

Pourquoi c’est une bonne idée de ne pas frapper son enfant pour l’éduquer?

Alors là on va parler de choses qui fâchent… « Quoi? Pfff arrête, j’ai pris des claques et je n’en suis pas mort »…Oui bon, il y a des gens qui vivent encore mais qui ont été violés, tabassés, qui ont vu un proche mourir sous leurs yeux…

« Rhoo c’est un enfant… » Oui ben si on s’offusque que la voisine se prenne deux-trois tartes par son mari, on peut s’offusquer de la fessée que la cousine a mis à son gamin qui pleurait parce qu’on ne lui a pas donné de bonbons.

« Et comment on les éduque après? On ne dit plus rien?  » Ben si on dit mais avec amour et bienveillance.

Je m’enflamme, je m’enflamme…Allez, je commence par le commencement: le 30 Avril, c’est la Journée contre les violences éducatives. Les violences éducatives, ce sont tous les actes (coups, gifles, fessées…), paroles (insultes, dénigrement…) ou comportements (humiliations, intimidations, cris) à caractère violents utilisés dans un but éducatif à l’égard d’un enfant.

Alors dis comme ça, on peut ne pas se sentir tout de suite concerné. Mais la petite tape sur la main du petit qui veut toucher à la prise électrique= violence éducative, le « mais t’es bête ou quoi »= violence éducative, les cris de fins de journée « Bordeeeeel! Vous allez me ranger vos vêtemeeeeeents!!!!!! » =violence éducative… Là tout de suite, ça nous rappelle quelque chose, hein?

La fessée et autres outils éducatifs du genre ont longtemps été une normalité mais depuis quelques années, on observe un mouvement inverse qui prend de plus en plus de place dans les discussions… En Suède, dès 1979 la loi interdit la violence dans l’éducation. Le pays est suivi par la Finlande et la Norvège puis par beaucoup d’autres. Aujourd’hui ce sont 54 pays qui ont interdit la fessée dans le monde. En France on traîne encore un peu la patte, quoiqu’une proposition de loi contre les violences éducatives a été voté en Novembre dernier.

En attendant que cette loi soit adoptée, on peut toujours à un niveau individuel réfléchir à une nouvelle manière d’apprendre à nos progénitures à être des êtres insérés dans la société sans les traumatiser. Parce que frapper son enfant, même une petite tape de temps en temps, peut avoir des conséquences sur son développement et sur l’adulte qu’il est amené à devenir. Et un nombre important d’études font ressortir les méfaits de ce type d’éducation. Topo:

Les violences éducatives ont un impact sur le comportement de l’enfant: Un enfant qui reçoit des coups est plus enclin à avoir des comportements agressifs et violents. Il aura plus de « chances » de développer des comportements délinquants enfant et ado, et des violences conjugales à l’âge adulte. En effet, le fait de recevoir des châtiments corporels est fortement corrélés à une augmentation de l’agressivité et des comportements anti-sociaux. Il existe un très fort lien entre le fait d’avoir subi des violences et celui d’en commettre à l’adolescence. Un enfant qui a subi des violences a 8 fois plus de risques d’en commettre à son tour.

Elles ont une incidence sur les capacités cognitives et les apprentissages de l’enfant: Il y a des répercussions neurobiologiques et endocrinologiques avec un impact sur les capacités de mémoire et de contrôle émotionnel des enfants mais aussi sur leur développement psychomoteur. Recevoir des châtiments corporels augmente les risques de subir des situations d’échec scolaire, de précarité et de marginalisation, des périodes de chômage et d’arrêt de travail.

Il existe un très fort lien entre violences physiques dans l’enfance et le risque d’accidents de la voie publique. Les jeunes qui ont subi des punitions corporelles ont plus de risques d’avoir des accidents et ce risque augmente avec la sévérité et la durée des punitions corporelles. Bizarre comme corrélation mais une étude dont le lien est noté en fin d’article apporte des éléments très intéressants à ce sujet.

Les enfants qui subissent ce type de violence ont une moins bonne estime d’eux-même. Bon en même temps ça se tient: si on te tape dessus, c’est que tu ne vaux pas grand chose. Surtout si ce sont tes figures d’amour en qui tu es censé avoir une confiance absolue et qui devraient être là pour te protéger de tout…CQFD.

Le fait d’avoir subi des violences est un facteur de risque de subir des maltraitances bien plus graves. L’un des facteur de risque les plus grands de vivre un évènement traumatique est d’en avoir vécu un déjà. De plus, les châtiments corporels représentent un facteur de risque de maltraitance puisque 75% d’entres elles sont commises dans un cadre de punitions corporelles. Du coup un parent qui s’autorise à taper pour punir peut hypothétiquement plus facilement perdre pied qu’un parent qui se l’interdit.

Vivre ce type de violence a un impact sur la santé mentale et physique. Selon l’OMS la violence envers les enfants est un  » facteur de risque pour les problèmes de santé et les problèmes sociaux tout au long de la vie » (2014). Suicides, troubles mentaux et conduites addictives ont un très fort taux de corrélation avec des violences subies. On peut effectivement imaginer que se prendre des baffes régulièrement n’aide pas à se sentir bien dans sa peau, bien dans sa tête…

En conclusion, je citerai Muriel SALMONA: « Eduquer un enfant ne doit être, en aucun cas, synonyme de faire pression sur lui, lui faire mal, lui faire peur, l’humilier et le stresser, cela n’a aucune vertu et représente un risque important pour sa santé, son développement et sa confiance en lui ainsi que celle qui a pour le monde extérieur ».

J’ai plombé l’ambiance mais j’espère que cela fera réfléchir certains. Frapper un enfant n’est pas une option. Frapper n’est pas éduquer. Et ne pas frapper, ce n’est pas du laxisme. Faire le choix de la non violence ne signifie pas ne pas poser de cadre. Il existe de nombreuses méthodes d’éducation qui prennent en compte l’enfant, qui prennent en compte ses besoins en fonction de son stade de développement et qui prônent le respect de tous et la bienveillance. Je vous encourage à vous-y intéresser et à me suivre pour aborder l’éducation d’une manière plus douce pour vos enfants et pour vous. A très bientôt!

MangoMom

Publicités